Open World

Le Blog de Nadia BETTAR

Archive pour juillet, 2006

Brave Hearts … Episode2 … Le jour d’avant

Posté : 9 juillet, 2006 @ 10:58 dans Brave hearts, Maroc de tous les jours, Tabou!! | 25 commentaires »

Sofia, effondrée et éparpillée, appela son petit ami non pas pour lui annoncer la nouvelle mais pour trouver un support, un contre poids pour la soutenir comme il en était toujours, mais cette fois-ci le problème était bien plus aigu et le support qu’elle avisait peu fiable ; il avait des projets d’avenir, une famille respectée, il était encore jeune pour assumer sa responsabilité… à quoi peut on s’attendre d’un petit égoïste immature ! Il lui proposa d’avorter de sang glacial : « Toutes les Autres le font ! ».
Humiliée et vulnérable, c’est toute sa vie qui s’écroulait. Dans une société telle la sienne… la notre ! Sofia ne voyait aucune autre issue. Comme Toutes Les Autres, Sofia devait Assumer sa Responsabilité et Corriger son Erreur elle devait préserver la Sainte image de la jeune fille marocaine et l’Honneur de sa bonne Famille, elle devait assurer sa survie aussi. Comment ?!! Par l’acte le plus immorale et exclusivement humain ; en arrachant la vie à sa propre progéniture.
La première étape fut une échographie, son fœtus avait 8 semaines déjà, il était vivant, et il était en elle. L’intervention exposait la vie de Sofia à de très grands risques vu l’age du fœtus et son age à elle aussi, mais le médecin lui donna quand même rendez-vous le lendemain…
Le matin à 9h comme prévu au cabinet du gynéco, petit ami, médecin, infirmières… ils étaient tous présents, mais Sofia ne l’était pas…

Ignorante au physique maigre et au quotidien éreintant, Hafida n’eut pas l’humble soupçon de sa grossesse avant son cinquième mois. L’évidence fut angoissante. Prise sous la panique, Hafida songea au suicide, mais elle n’en eu pas le courage. Elle passa des jours à se lamenter et à pleurer son supplice et son humiliation. L’idée que son père puisse remarquer quelque chose la terrorisait ; il allait la tuer comme elle le dit bien encore aujourd’hui (elle pensait ainsi car innocente comme elle était, elle se voyait coupable. Il aurait agit de la sorte pour dissimuler son crime).
Un soir, ou plutôt un matin, l’ivre mort rentra les yeux rouges, l’odeur nauséabonde, à peine s’il arrivait à se tenir debout… Il s’en prit à son fils de 12 ans (celui de 14 ans avait fugué une semaine après que son père ait commencé à abuser sexuellement de sa soeur sous ses yeux).
Hafida ? Elle n’était plus là…

Leila se voyait déjà maman, l’image du fœtus sur l’écran lors de l’échographie ne quittait plus ses pensées ; elle était impatiente d’entendre les battements de son petit cœur, de le sentir bouger, de le prendre dans ses bras… finalement son fiancé n’était pas aussi mal que ça ! Elle se précipita chez lui pour lui annoncer la merveilleuse nouvelle… Hélas, ce n’était vraiment pas l’homme sur lequel elle pouvait compter.
Ayant un bon travail, une bonne situation financière, son propre appartement et surtout, un esprit assez ouvert ; Leila se voyait capable d’avoir son enfant toute seule. La société pouvait bien aller « boire la mer » selon elle.
Le lendemain matin, Leila n’est pas dans son bureau, ni dans son appartement d’ailleurs…

Alphabétisation, régularisation de sa situation civile, adaptation de son look aux exigences du business, cours de protocoles… Tel était le parcours de combattante de Hanaa !
Aussi dégradent que son travail entre les mains orientales était, elle ne s’en plaignait pas ; l’humiliation qu’elle subissait sous les pattes marocaines ne lui offrait pas à manger…

TO BE CONTINUED

BETTAR Nadia

Brave Hearts… Episode 1… Ironie du sort

Posté : 2 juillet, 2006 @ 7:05 dans Brave hearts, Maroc de tous les jours, Tabou!! | 29 commentaires »

Sofia a 16 ans, lycéenne en 2ème Sciences économiques. Tout le monde apprécie son assiduité et son dynamisme. Ses parents semblent bien fiers d’elle et font de leur mieux pour lui assurer une vie équilibrée et épanouie. Entre folie de l’adolescence et soif d’explorer la jeunesse, tout semble aller très bien. Son petit ami est l’un des super mecs du lycée …. Elle lui fait confiance …Elle tient à lui et se voit prête à tout lui donner, mais impulsive, elle n’aurait jamais pensé aux conséquences, elle n’aurait jamais pensé au PiRE…
Menstruations en retard, Sofia a des doutes… elle fait le test… POSITIF.

Hafida a 15 ans, elle n’a pas connu autre monde que les 12 mètres carrés qu’elle partage avec son père et ses quatre petits frères et sœurs. Son enfance étouffée depuis le décès de sa mère il y a 5 ans, elle a quitté l’école pour prendre soin de sa famille et des 12 mètres carrés.
3 heures du matin, Hafida ne dort pas, elle rêve. Hafida rêve de l’interdit ; un cartable, des livres, des camarades de classe, une maison, une mère qui fait la cuisine et un père… qui ne hante pas ses nuits, qui ne rentre pas le soir bourré jusqu’aux os pour… Le grincement de la porte mit fin à son rêve, l’odeur nauséabonde de l’alcool envahit les 12 mètres carrés. Elle se couvre la tête et fait semblant de dormir, son cœur bat si fort qu’elle craint que son père l’entende, elle prie le grand Dieu en silence qu’il lui épargne insultes dégradantes et coups ce soir… C’est bizarre, le père n’injure pas cette fois, il ne réprimande pas… il s’approche… il s’approche… il la caresse, c’est la première fois que Hafida sent sa main sans recevoir une gifle ou un coup de point… il a décidé de changer de méthode… le Père viola sa propre chaire.

Hafida n’a personne sur qui compter ni nulle part où se réfugier. Elle sécha ses larmes et elle mit sa honte, son dégoût et sa rage dans son vieux (et lourd) sac à calamités qu’elle espérait bien un jour pouvoir jeter à la rivière de l’oubli. Elle était sans âmes, maintenant elle n’a plus de corps non plus. Cinq mois plus tard, ça commence à bouger… Hafida est enceinte… de son propre père.

Leila a 27 ans, cadre financier dans une boite assez réputée. Une jeune femme très aimable et respectée. Elle connaissait ce jeune homme depuis sept mois déjà, leur relation était plutôt sérieuse ; ils s’aimaient, se complétaient l’un l’autre, leurs familles ne semblaient pas s’opposer à leur relation. Tout semblait parfait jusqu’au jour où elle commença à réaliser que ce n’est pas le genre d’homme sur lequel elle pouvait compter pour la vie, c’est en ce jour même qu’elle découvrit qu’elle portait son enfant, d’un mois déjà.

Hnya… elle préfère qu’on l’appelle Hanae, aujourd’hui elle a 24 ans. Depuis que sa belle sœur l’ait obligée à sortir travailler pour son pain quotidien (il y a 11 ans), elle eut une expérience professionnelle assez riche ; femme de ménage, ouvrière à l’usine, kessala au hammam… d’ailleurs c’est le seul lieu où elle connut la paix ! C’est aussi là où elle connut Fatiha (Fati) et Naima (Nina) qui la persuadèrent de les accompagner à Agadir… « Là bas les bourgeois payent bien et ne calculent pas ».

Les filles avaient manquées un détail ; elles ont un accent Arabe! Raison suffisante pour ces bourgeois pour les laisser crever de faim et de froid. Toutes les portes se refermèrent.

Mais les trois jeunes filles seules, miséreuses, soumises, jeunes, Bonnes et surtout ignorantes ; elles se trouvèrent rapidement un moyen de gagner leur vie. A lors, Hnya avait 19 ans…

TO BE CONTINUED …

Des Sofia, des Hafida, des leila, des Hnya et des hanae, on en croise tout les jours; dans la rue, au café, à l’école, au bureau, sur la place des femmes de ménage, chez le coiffeur, dans le bus… au Maroc

BETTAR Nadia

 

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